Les Rencontres Historiques

La transmission spirituelle perdure à la mort de Louis- Claude de Saint-Martin, sans que l'on puisse exactement en préciser la forme. Les initiations "martinistes", qui ne s'appelaient pas encore ainsi, se poursuivirent pendant presque un siècle, en France mais aussi en Russie. Le système maçonnique de Willermoz, basé sur des loges indépendantes, s'appelle d'ailleurs dans ce pays simplement "martinisme". Plusieurs loges y adoptent les grades symboliques communiqués par Willermoz. En même temps, sous le règne de Paul Ier, des traductions des livres de Saint-Martin sont rendues accessibles aux profanes.

Bien que les éléments historiques fassent souvent défaut, on peut avancer que Nicolaï Novikof contribua grandement par ses écrits à l'extension du martinisme en Russie. Novikof avait le grade de C.B.C.S. (Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte), système organisé par le strasbourgeois Salzmann, qui avec Charlotte de Boecklin aurait fait découvrir Jacob Boehme à Saint-Martin. Par ailleurs, l'écrivain Joseph de Maistre, qui avait connu Saint-Martin et partagé sa vision théosophique du monde, aurait créé à Saint-Pétersbourg un cercle martiniste dans les années 1810, alors qu'il était en poste à la cour du Tsar Alexandre Ier.

En France, les continuateurs de l'œuvre saint-martinienne œuvraient dans l'ombre. Deux disciples directs de Saint-Martin, Jean-Antoine Chaptal (mort en 1832) et l'Abbé de La Noue (mort en 1820) sont

H . Delaage et sa rencontre avec Gérard Encausse

De son côté, l'étudiant en médecine Gérard Encausse a reçu quelques années plutôt, en 1882, l'initiation Martiniste des mains d’HenriDelaage, lui-même initié dans la filiation Chaptal, mais dont on ignore le nom de l'initiateur.

Gérard Encausse est né le 13 juillet 1865 à la Corogne, en Espagne, de père français et de mère espagnole.

Intelligence précoce, il entame à 17 ans des études de médecine tout en s'intéressant à l'ésotérisme, après avoir été un athée convaincu. La Tradition présente pour lui la meilleure alternative à une religiosité étroite, tout en comblant ses aspirations métaphysiques.

A Paris, il fréquente les ésotéristes. Parmi ses amis on notera Stanislas de Guaïta et Joséphin Péladan, futurs animateurs de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. En 1887, il décide de conserver le legs initiatique qu'il a reçu quelques années plus tôt en fondant l'Ordre Martiniste, auquel se joindront rapidement ses amis ésotéristes qui formeront plus tard le premier Suprême Conseil.

En 1888, il rencontre Pierre-Augustin Chaboseau qui lui confie qu'il détient lui-même une initiation martiniste. Troublante "coïncidence" qui donnera d'autant plus de force au nouvel

Ordre dont la structure sera définitivement établi en 1891. Devenu médecin, et chef de laboratoire de l'Hôpital de la Charité à Paris, il entame simultanément une carrière d'auteur prolifique.

Il reste connu dans le public comme l'auteur le plus fécond dans le domaine de l'ésotérisme en cette fin de siècle ; ses livres (160 titres !) qu'il signa toujours sous le pseudonyme de "Papus", sont encore régulièrement réédités de nos jours.

M. Philippe de Lyon

La rencontre de Papus avec M. Philippe de Lyon va pourtant bouleverser sa vision du monde. Il deviendra le défenseur acharné de la mystique chrétienne et de la Voie cardiaque que Saint-Martin appelait la Voie Intérieure.

Homme d'une remarquable énergie, il se dépensera sans compter pour ses malades, mettant en pratique les préceptes chrétiens. Il restera pour les pauvres du quartier de la rue de Savoie, à Paris, comme le "bon docteur", qui distribuait ses soins sans faire payer les nécessiteux.

Lorsque éclate la première guerre mondiale, il se porte volontaire pour secourir les blessés.  Il sera médecin chef d'une ambulance, sur le front. Affaibli par ses années de labeur et les conditions de vie qu'il rencontre à la guerre, gazé, il tombera gravement malade et sera rapatrié pour mourir le 25 octobre 1916 à l'hôpital de la Charité, là même où il avait commencé sa carrière de médecin ...

Contrairement à ce que pourrait laisser croire un examen trop superficiel de la question, le martinisme n’est pas un phénomène surgi du néant mais, bien au contraire, il plonge ses racines aux sources mêmes de ce que j’appellerais volontiers le noyau ardent de la tradition occidentale chrétienne. Le christianisme éclairé auquel le martinisme se rattache est issu de la rencontre entre l’hellénisme platonicien et pythagoricien et le judaïsme initiatique.

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