La Théorie

Cette théorie, dit A. Faivre, qui est à rapprocher de celles de Paracelse, de William Law et d'autres théosophes de l'époque, est bien plus complexe que celle que l'on peut tirer d'une lecture au premier degré de la traduction de la Genèse. La condition présente de l'Homme ne serait pas une fatalité mais lui donnerait la possibilité de se "réhabiliter" afin d’œuvrer à la réintégration collective, dans le divin, son origine, en reconquérant ses prérogatives suspendues temporairement depuis la chute de l'Homme archétypal.

Pour cela, la voie qu'offre Martinès est celle du perfectionnement intérieur unissant purifications et pratique d'une théurgie (ensemble de rituels comportant évocations et invocations) susceptible de nous mettre en contact avec des entités spirituelles, intermédiaires entre Dieu et nous. On a souvent, à tort, identifié Martinès à un simple "mage", alors qu'il était avant tout un profond croyant, et un homme d'une grande dimension spirituelle.

Preuve nous en est donnée par l'influence qu'il sut conserver auprès de ses deux principaux disciples, Louis- Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, qui reconnaîtront toujours en lui un maître, le "premier" maître pour ST-Martin. Martinès s'affilia à la loge "La Française" placée sous l'administration de la Grande Loge de France, dont plusieurs de ses membres étaient des personnages éminents du Parlement de Bordeaux. Martinès "utilisera" alors, en quelque sorte, le cadre maçonnique pour instituer, à son abri, son propre système de hauts grades : l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l'Univers. Cet ordre prend un « vêtement Maçonnique»  mais la similitude s’arrête là. (On pourrait retrouver des analogies au « profès- grand profès» dans la lettre mais non dans l’opération).

A partir de 1758, son activité s'accentue. Il parcourt la France: le Midi, Lyon, Paris, et initie de nombreuses personnalités (hommes et femmes) à son système. En 1761, il construit son propre temple en Avignon où il restera jusqu'en 1766. A la fin de cette année, Martinès se fixe à Paris, où il rencontre Jean-Baptiste Willermoz, puis, en 1768, Louis- Claude de Saint-Martin, alors jeune militaire au régiment de Foix. Celui-ci deviendra, après l'Abbé Fournier, son secrétaire. Il se marie une première fois avec une femme issue de la noblesse (famille de Sabran proche de la cour de Louis XV) puis avec Marguerite Angélique Colas (issue de la bourgeoisie viticole bordelaise et ayant également des intérêts à Saint Domingue) et en 1767 lui naît un fils, Jean- Anselme, dont on perd la trace pendant la Révolution, et qui réapparaît comme commissaire de police sous la restauration.

En juillet 1770 il annonce pour la première fois qu'il travaille à l'ouvrage qui deviendra son chef-d’œuvre : le Traité de la Réintégration (ouvrage cité). Le 29 avril 1772, Martinès part pour l'île de Saint-Domingue pour y recueillir un héritage (lui venant des frères de sa femme). Il y décède le 20 septembre 1774. Son Ordre ne lui survivra guère ; Son successeur, Caignet de Lestère, ne lui survivra que de 4 ans, les dernières loges des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l'Univers seront officiellement dissoutes en 1781

Je ne suis qu'un faible instrument dont Dieu veut bien, indigne que je suis, se servir, pour rappeler les hommes, mes semblables, à leur premier état de Maçon, qui veut dire spirituellement hommes ou âmes, afin de leur faire voir véritablement qu'ils sont réellement Hommes- Dieu, étant créés à l'image et à la ressemblance de cet Être tout puissant.

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